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Grazia : 26 mai 2017

 

 

 

Saint-Denis : Cinébanlieue lance son appel à films. L'avenir du cinéma vient des banlieues !

Grazia : le 26 mai 2017

 Par Anouk Passelac

Il y a un an, Houda Benyamina remportait la Caméra d'or à Cannes pour son film "Divines". Elle est aussi à l'origine de l'association 1000 Visages, dont le but est de révéler les talents en devenir. Une initiative qui essaime partout en France.

©Mathieu Zazzo

  • ©Mathieu Zazzo

"Le jour où j'ai dit à ma mère que je voulais faire du cinéma, elle m'a dit : 'C'est pas pour nous.' Aujourd'hui, maman, j'espère que j'ai réussi à te prouver le contraire." En recevant le césar 2017 du meilleur court métrage pour Maman(s), Maïmouna Doucouré est émue aux larmes. La jeune réalisatrice, née de parents sénégalais, a grandi dans un quartier populaire du XIXe arrondissement de Paris. Pour en arriver à ce film, et à cette consécration, il en aura fallu, du travail, de la persévérance, du talent. Mais elle le doit aussi aux dispositifs et collectif HLM sur cour(t), La Ruche et Talents en court, qui l'ont accompagnée dans son désir de faire du cinéma.

Ce même soir de février 2017, l'Académie des César récompense Divines de Houda Benyamina : meilleur premier film, meilleur espoir féminin pour Oulaya Amamra (soeur de la réalisatrice) et meilleure actrice dans un second rôle pour Déborah Lukumuena. Le film, déjà Caméra d'or au Festival de Cannes, suit le parcours de Dounia, son rêve d'ascension sociale alors qu'elle vit dans un bidonville en banlieue parisienne, son amitié avec Maimouna, son amour naissant pour Djigui. Récompenser Divines, c'est aussi récompenser l'association 1000 Visages, fondée par Houda Benyamina en 2006 à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, en réponse aux émeutes qui avaient secoué les banlieues un an plus tôt. La réalisatrice a voulu transformer sa colère en un projet positif et créatif : faire découvrir les métiers du cinéma à la jeunesse éloignée socialement et géographiquement de l'offre culturelle. Une jeunesse issue des quartiers populaires, de la province et des zones rurales. Partout en France, des initiatives similaires à 1 000 Visages ont vu le jour, pour faire vivre une expérience stimulante à des collégiens ou insérer leurs aînés dans le monde professionnel. A chaque fois, le même message : faire du cinéma, c'est possible.

"Aider les gens à aller au bout de leur désir"

Le milieu du cinéma est souvent perçu comme "bourgeois, parisien et blanc", selon les mots de Julie Darfeuil, scripte professionnelle et bénévole de l'association 1 000 Visages. Une vision qui freine les rêves de beaucoup. "Certains ont le sentiment de ne pas être légitimes, ils se disent 'Ce n'est pas pour moi'", regrette Morad Kertobi, à l'origine de Talents en court. Ce dispositif aide les auteurs autodidactes et sans réseau à trouver des producteurs pour concrétiser leur projet de courtmétrage. Souleymane Sylla, comédien-réalisateur-scénariste passé par 1 000 Visages, décrypte ce sentiment d'illégitimité : "Quand on va voir un film, on recherche des personnages qui nous ressemblent. Si ce n'est pas le cas, on se sent trompés par la société. C'est pour ça que je fais du cinéma : parce que l'important, c'est l'image qu'on donne et les histoires qu'on raconte." L'association Les Bobines Sauvages, du quartier de la Reynerie à Toulouse, en Haute-Garonne, agit "pour que les habitants se réapproprient l'image de leur quartier", déclare Camille Montalan, fondateur de l'association.

Dans le XIXe arrondissement de Paris, le besoin était le même. "Les médias viennent nous voir quand il y a des violences, mais les habitants ont envie de raconter autre chose", explique Naïma Di Piero, du collectif parisien Tribudom. Celui-ci s'investit dans les écoles primaires, les collèges et les lycées pour élaborer des films courts. Il laisse les jeunes parler de leurs préoccupations, les histoires d'amour secrètes, comme les rivalités dans la cour de récréation... De ces premiers pas dans le cinéma naissent parfois des vocations. Mais comment devenir comédien, réalisateur ou scénariste, quand les formations privées coûtent trop cher et les écoles publiques sont si sélectives ? "Dans le cinéma, on ne vous demandera jamais votre CV. Il faut juste être débrouillard pour s'en sortir", assure Julie Darfeuil.

Les codes pour réussir

Fini la théorie, place à la pratique. Grâce au tissu associatif, les futurs talents rencontrent des professionnels du milieu qui les forment sur le tas et leur donnent les codes pour réussir. "Nous sommes là pour aider les gens qui ont besoin d'un accompagnement professionnel pour aller au bout de leur désir de cinéma", précise Sébastien Lasserre, responsable de Gindou Cinéma, dans le Lot. Cette association a fondé La Ruche, une résidence d'artistes qui propose une aide à l'écriture de scénarios. Et lorsqu'il faut s'y mettre, les participants se donnent à fond. "Sur le tournage, les jeunes sont pleins d'enthousiasme. Certains sont plus passionnés que des étudiants de la Femis !", témoigne Lucie Baudinaud, chef opératrice bénévole à 1 000 Visages... issue de la prestigieuse école. Des liens se tissent et créent un réseau alternatif au milieu assez fermé du cinéma. Houda Benyamina le dit elle-même : "La solidarité et l'entraide sont très importantes."

Des histoires qui reflètent la France

De ces échanges entre graines de cinéastes et professionnels confirmés naissent des projets d'une grande richesse. Aurélie Cardin est fascinée par la diversité des histoires qu'elle voit passer. Responsable des rencontres professionnelles Talents en court au Comedy Club, la célèbre scène de stand-up parisienne de Jamel Debbouze, elle accueille une fois par mois cinq réalisateurs qui viennent présenter un projet de court-métrage à des producteurs et des diffuseurs en quête de nouvelles idées : "Tous ont des histoires géniales à raconter." Parmi les court-métrages passés par Talents en court qui glanent aujourd'hui des récompenses dans des festivals en France et à l'étranger, Aurélie cite Au bruit des clochettes, de Chabname Zariab, sur un jeune Afghan prostitué et déguisé en fille, Le Bleu Blanc Rouge de mes cheveux, de Josza Anjembe, sur le questionnement de l'identité française, Debout Kinshasa !, de Sébastien Maître, sur un écolier de 10 ans en République démocratique du Congo... La directrice artistique en est convaincue, ces nouveaux talents dépoussièrent le cinéma français : "S'il n'y a pas de diversité des auteurs, il n'y a pas de diversité des histoires. On a besoin de mélanges pour que ce qu'on voit à l'écran reflète la France qu'on croise dans la rue."

Un combat loin d'être fini

Membre de l'Observatoire de la diversité au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Aurélie Cardin sait pourtant que son combat n'est pas terminé. Dans son dernier baromètre de la diversité, le CSA a constaté que la représentation des personnes "perçues comme non blanches" à la télévision et dans les fictions était de 21 %. Or, ces mêmes personnes sont plus représentées dans les rôles négatifs (25 %) et surtout les activités illégales (34 %)... Mais depuis quelques années, 1 000 Visages et Talents en court ont acquis une certaine notoriété auprès des professionnels du cinéma. Directeurs de casting, producteurs et diffuseurs étudient à la loupe les profils de ces candidats issus des quartiers populaires et de la "France d'à côté". 1 000 Visages a établi un partenariat avec l'agence artistiqueAdéquat, et le groupe France Télévisions s'est engagé à acheter un certain nombre de court-métrages réalisés par des auteurs de Talents en court. Aurélie Cardin savoure ces victoires : "Nous récoltons enfin les fruits de nos efforts."

https://www.grazia.fr/culture/cinema/1000-visages-l-asso-qui-revele-les-nouveaux-talents-du-cinema-855674

Qui sommes-nous ?

Créé en 2006, un an après les révoltes sociales qui ont embrasé les périphéries des grandes villes, le festival Cinébanlieue est né du constat qu’il n’existait pas de grandes manifestations consacrées à la banlieue vue sous l’angle de sa richesse sociale, culturelle et économique. Celui-ci entend prouver que la représentation de la banlieue et de ses habitants ne se résume pas à ce que les médias veulent bien montrer.

Ce festival offre une toute autre vision de ce qu’est la banlieue. Il s’agit principalement de montrer cet espace comme étant un lieu d’inspiration et d’épanouissement artistiques, et non plus comme source de tensions et de destruction. Aux côtés d’une sélection de films en compétition, il propose un panorama de films sur un thème d’actualité ; chaque année un cinéaste français ou étranger est choisi pour être l’invité d’honneur.

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