Programme de l'édition 2016

 
 

Bande-annonce 2016 - 11e Édition

 

 

Le programme

Soirée d'ouverture

11e ÉDITION : Le blog du festival

11e édition - jour 1 : Mercredi 9 novembre 2016

 

FORMATION PROFESSIONNELLE

Cinébanlieue / École Miroir 

 

Le Festival Cinébanlieue s’associe à l’École Miroir qui favorise l’émancipation citoyenne de la jeunesse par la culture, en proposant une formation professionnelle sur 3 ans dans les métiers du théâtre et du cinéma à des jeunes talents de 18 à 26 ans issus des quartiers populaires.

Durant le festival Cinébanlieue encadré par Josza Anjembe, journaliste et réalisatrice, les élèves auront pour mission de réaliser des contenus du blog du festival. 

copyolvierbabinet
copyswaggergroupe
willyswagger
  

Projection en avant-première du film-documentaire

Swagger d'Olivier Babinet, en présence de l'équipe du film.

De jeune en colère à réalisateur, il n’y a qu’un pas

En déployant une mosaïque de rencontres et en mélangeant les genres, de la comédie musicale en passant par la science-fiction, Olivier Babinet, talentueux réalisateur du docu-fiction « Swagger » donne vie aux propos et aux fantasmes des onze adolescents d’Aulnay-sous-Bois et de Sevran, auxquels il consacre son second long métrage. Car malgré les difficultés et les entraves, ils ont des rêves et de l’ ambition, tout comme lui. Portrait.

« Une jeunesse tumultueuse »

Pour Olivier Babinet, la quarantaine, né à Strasbourg, devenir réalisateur s’est fait naturellement. Ce sont des « petits délires entres amis » qui le lancent sur la voie. Au collège, Olivier est un élève absentéiste qui ne cesse de se confronter à une autorité qu’il n’accepte pas. C’est la nuit, alors que les esprits s’apaisent, qu’il jette des pavés sur son établissement.

En dehors de l’école, Olivier s’amuse avec sa bande de potes à faire des imitations de personnalités publiques comme Jacques Chirac. Il fait de la musique, met en scène, joue des personnages et il s’enregistre sur des cassettes. « Au fond ses sketchs sont un exutoire aux bêtises ».

À 19 ans, Olivier quitte son Alsace natale, direction la capitale. Il travaille alors dans une agence de publicité. Il y fait plusieurs rencontres avec différents réalisateurs parmi lesquels Depardon, Châtilliez… Ses amis de Strasbourg le suivent sur Paris et continuent dans leur lancée à produire leurs minis-sketchs filmés. Et puis il y a cette caméra, une Super 8 reçue en cadeau et ce livre intitulé « Grammaire filmique ». Deux présents grâce auxquels il se lance de façon autodidacte.

« Il n’y a aucune haine du collège »

Avec « Swagger » son second long métrage, Olivier Babinet aborde le thème d’une jeunesse fragile mais riche. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, son but n’est pas de changer la vision des adultes sur les jeunes. Il en est convaincu : les jeunes grandissent avec leur temps « Ils voient South Park et les Simpsons, c’est un peu leur Molière contemporain. J’ai deux fils, un de 19 et de 21 ans, je continue à être en contact avec la jeunesse. Dans mon film il n’y a aucune haine du collège… Bien au contraire ». Et de ses propres aveux, « Swagger » a été pour lui l’occasion de mener une réflexion sur lui-même et sur cette colère qui l’animait alors adolescent. « Un homme très bien qui a programmé mon film en Savoie, m’a dit : les gens oublient les conneries qu’ils ont faites. Eux aussi ont fait des conneries. Moi je trouve qu’elle est bien la jeunesse, sans être démago. Tous ceux qui se sont fait matraquer par les flics, ils se sont fait une conscience politique. Il y a une part de naïveté qui s’exprime. Un début de « on n’est pas d’accord »

À propos du casting, il ne voulait « refuser aucune personne voulant apparaitre dans son documentaire. C’est à l’occasion de mes ateliers vidéo au sein du collège que j’ai rencontré la grande partie des personnes pour mon documentaire et j’ai cherché à créer une cohésion entre eux ». Et à la question de savoir comment il a encadré ces onze jeunes de banlieue parisienne, il répond : « Simplement en les mettant face à la caméra et en leur posant des questions comme : « Quel est ton souvenir le plus marquant ?», « As-tu déjà rencontré un Français de « souche » ? » Des questions qu’Olivier pose en essayant de faire oublier sa présence pour capter les émotions et laisser les silences exister.

Kahina Prosper, Wissam Lebdaoui, Antoine Roucayrol                               

 SWAGGER, l'esthétique au service du docu-fiction

« Documentaire », « docu-fiction », « comédie musicale » voire même « fable contemporaine »... Les qualificatifs, même s’ils ne manquent pas, peinent cependant à s'accorder pour décrire le dernier film d'Olivier Babinet « Swagger ». Pour éclairer le sujet mais aussi débattre sur la mise en scène peu conventionnelle de ce long métrage, la rencontre avec le réalisateur s'avérait donc évidente. Entretien.

 « Tout est vrai, rien n'est écrit »

Détendu, souriant et plutôt affable, Olivier Babinet vous met tout de suite à l'aise. La quarantaine approchante et affublé d'un pull discret mais élégant, on l'imagine d'ailleurs facilement, quelques années auparavant, à la même place que les jeunes qu'il a suivi dans son film. D’emblée le cinéaste annonce la couleur et met un terme aux doutes qui entourent le genre du film. « Tout est vrai, rien n'est écrit concernant les propos des protagonistes. Par contre, le reste est scénarisé. L'écriture du scénario avait une structure assez simple : une nuit, un jour, une nuit mais je l'ai réécrit au fur et à mesure en fonction des jeunes ». En d'autres termes, nous sommes en plein dans le docu-fiction où « les scènes de fiction qui ont été tournées deux ans auparavant ont par la suite été intégrées » au film.  Les scènes quotidiennes, elles, à défaut d’être captées sur le vif, ont   donc été rejouées à l’identique.

Olivier Babinet nous propose par ailleurs un dispositif filmique qui amène une dimension onirique et atypique au genre hybride du docu-fiction. « Certaines scènes on été filmées à l'aide d'un drone, notamment le premier plan nocturne ainsi que la scène dans la chambre de Régis », un des protagonistes du film. En plus du drone, la steadycam donne une impression de mouvement évident. Une sensation d’apesanteur qui contraste avec les instants où les protagonistes sont filmés en plan fixe et en portrait et qui relèvent davantage du dispositif du documentaire et du témoignage.

Autre notion : celle du temps et de l’espace, omniprésente dans le film. Ainsi, comme au théâtre, l'unité de lieu est respectée. Ici, la cité est magnifiée. Exit les laides tours de béton s’apparentant à un décor Hollywoodien fade et insipide. L'image est stylisée et sophistiquée tout comme les tons relativement vifs et colorés. Le swag est également dans l'image, cela ne fait aucun doute… Pour preuve : les ralentis qu’utilise Olivier Babinet pour donner plus de relief à la démarche de l'un ou à la chorégraphie de l’autre.

 « Les hésitations, les blancs donnaient de l'émotion même s'ils pouvaient paraître longs »

Le réalisateur choisit aussi délibérément de filmer « les hésitations, les blancs car ils donnaient de l'émotion en dépit parfois de leur longueur ». En ce sens, l’exemple d’Astan se confiant dans sa salle de bains est frappant. La jeune fille, filmée en portrait pendant près de deux minutes nous parle de ses grands-parents qu’elle n’a pas connus jusqu’à se murer dans un silence éloquent, avant de fondre en larmes. Pudeur et tact sont au rendez-vous.

Ainsi, parfois, la voix d'un jeune s'éteint pendant quelques secondes pour mieux rebondir sur un autre sujet ou pour nous laisser en suspens. Et pour renforcer la véracité de leur propos, honnêtes et sans artifices, « les gamins ne sont jamais vraiment les uns en face des autres lors des champs/contrechamps vus à l'écran. Soit ils sont seuls, soit je suis en face d'eux. Le montage en post-prod fait le reste ».  Et le reste, ce sont des plans de la ville commentés par les adolescents. Des plans durant lesquels ils racontent une histoire, leur histoire… Tout ceci associé à des images de nature et d'animaux (tels des lapins, des chouettes ou même un chameau oui oui vous avez bien entendu !) finit d'apporter la dimension poétique au film.

Et il y a aussi les voix. Celle du réalisateur est inexistante tout le long du docu-fiction. Chose plutôt rare pour être signalée. Seules les voix off des jeunes, souvent très juste, sur la politique, la religion, leurs rêves et leurs cauchemars. Enfin, l'importance et le choix de la musique qui s'entremêle aux voix et aux réactions des jeunes. Du Rap souvent, mais pas que. Par moment, une musique douce se fond à cet ensemble cohérent.

En résumé, la fiction est mise, ici, clairement au service du documentaire. On rit souvent et on est parfois touché, ému voire choqué par certains propos sans filtres de ces adolescents. On est aussi désarçonné par ce film qui mêle chorégraphies sur fond musical et portraits intimistes d'adolescents, pique nique en famille et deal de drogue la nuit venue... 

En prenant le point du vue de onze jeunes d'Aulnay-sous-Bois, Babinet fait finalement un choix clair : s'effacer pour mettre en avant cette jeunesse des années 2010. Il « voulait filmer, pas uniquement des jeunes, mais aussi de véritable héros de cinéma ». A travers ce docu-fiction atypique porté par une mise en scène audacieuse et solaire, le pari est réussi. 

Ismaël ABED et Juliette VENIGER

"SWAGGER"

« Ce film m'a permis d'être moins timide,

de m'ouvrir un peu plus aux autres

et ma perception du monde a changé ! »

« Succès ». C’est ainsi que l’on peut résumer « SWAGGER », le second long métrage d’Olivier Babinet présenté au festival Cinébanlieue à l’occasion d’une séance spéciale consacrée le 10 novembre dernier. L’occasion pour notre rédaction de revenir sur le parcours de trois des protagonistes qui partagent l’affiche du film. Régis, Astan et Aïssatou, tous les trois 17 ans ont accepté de nous consacrer quelques minutes et se livrent avec sincérité, timidité et humour.

Dany Bomou et Baptiste Benoit, journalistes : Vous venez tous les trois de Seine-Saint-Denis. Après le tourbillon médiatique que vous avez connu à Cannes, comment le film a-t-il été perçu dans vos quartiers respectifs ?

Régis : Ils ont adoré ! Dans l'ascenseur on m'arrête tout le temps, pour me dire « Félicitations. Ça fait plaisir de voir quelqu'un qui montre un autre visage du quartier que la drogue ou la violence !" Ils sont hyper contents, aussi bien les trentenaires que les jeunes de 18/20 ans. Il n’y a pas de limite d'âge ! Des mamans me disent " Nous t’avons vu à la mairie ! Félicitations, Continue ! »

Astan : J'aime beaucoup que l’on parle de moi. Cela m'a apporté de la fierté et les gens me reconnaissent dans la rue ! Même ma famille au Mali a eu écho du film.

Aïssatou : Mon entourage et moi-même, avons été étonnés de me voir rentrer dans ce projet, par rapport à ma personnalité assez timide, que l'on remarque assez bien au début du film.

DB et BB: Régis, tu as un style atypique qui t’est propre et que tu revendiques. Quelle image penses-tu renvoyer maintenant que le film est sorti ?

R : Au Début, c'était très difficile, surtout au collège, car j'étais extravagant avec mon look ! C'était un peu mal perçu dans la cité, on me faisait des remarques comme : " Arrête de porter ça, ne t’habille pas comme ça, c'est pas normal !" Du coup je répondais « Chacun vit sa vie comme il le veut ! » Il faut quelqu'un qui brise les codes ! J'ai fini par être le "Chouchou" du quartier.

DB et BB : Les filles, qu’est-ce qui vous a marqué le plus dans cette première expérience cinématographique ?

Aïssatou : Ce film m'a permis d'être moins timide, de m'ouvrir un peu plus aux autres. Et ma perception du monde a changé ! La remarque que l’on me fait souvent c’est qu’au début du film, je n’arrive même pas à prendre la parole face à la caméra ni à prononcer mon propre prénom. À la fin du film, je réussis tout de même à exprimer ma joie. Je pense que ce film m’a aidé à m’ouvrir aux autres. Je me sens beaucoup plus épanouie.

Astan : Je sais enfin ce que veut dire être « Français de Souche » (Rires) ! Plus sérieusement, je suis française d’origine malienne et j’en suis très fière. Selon moi, c'est une grande richesse d’être née avec une double culture. 

DB et BB : Ce film vous a-t-il donné envie de poursuivre dans les domaines de l’audiovisuel et/ou du cinéma ?

Régis : Oui j'ai des projets en cours mais je ne peux pas en parler pour l'instant ! (Grand sourire)

Aïssatou : Pour moi, le cinéma reste une passion, car le plus important pour l'instant ce sont mes études.

Astan : Je compte finir mes études pour devenir infirmière. Mais si on me propose des projets dans le cinéma pourquoi pas !

Propos recueillis par Dany Bomou et Baptiste Benoit  


 Le saviez- vous ?

De Shakespeare à Olivier Babinet, le mot « swagger » a traversé les siècles! Utilisé la première fois par le célèbre poète anglais en 1590 dans Le songe dune nuit d’été, « swagger » signifie alors fanfaronner. Quatre siècle plus tard, les plus jeunes qui ignorent pourtant son origine, en ont une définition assez juste. Pour Junior, 9 ans, « le swagg c'est être bien habillé ». Colette, 21 ans, c’est une expression qui reflète une attitude cool, un mot propre a une certaine génération ».Mais vous y trompez pas ! Si « swagger » appartient davantage au langage populaire, il a été officialisé dans l’Oxford Dictionary en 1725 et a fait une entrée remarquée en 2003 dans l’Urban dictionnary qui en donne une définition simple :  « swagger » signifie tout simplement « d’avoir du style». En somme, pour nous, derrière ces quelques lettres, il est surtout question d’affirmation de soi, de respect de l’autre et de son altérité.  Alors, vous êtes « Swag » ?  Daniel Cocer Roa


 

Inscriptions en ligne

ENVOYEZ VOS FILMS

Remise des prix 2016

La Compétition 2016

 

11e Édition - Bande-annonce

 

Appels à films
Participer à l'édition 2017

Nos Partenaires

bandealogo.jpg