Programme de l'édition 2017

 
 

Clip 2017 - 12e Édition

 

 

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Cinécourts 2016

Jour 3 - Le blog du festival

11e édition - jour 3 : Samedi 12 novembre

Cinéma l'ECRAN de Saint-Denis 

 

"Na tout pour elle": le sacrifice d'un Gladiateur.

 

C’est dans le cadre des ateliers de la Fémis que Djigui Diarra a réalisé son premier court métrage de fiction « Na tout pour elle ».  Un joli coup de maître pour ce jeune réalisateur qui est venu présenté son film lors de la séance Ciné Court au festival Cinébanlieue.

« Na tout pour elle » raconte l'histoire de Ikki, un jeune boxeur prêt à tout pour réaliser l’ultime souhait de sa mère souffrante : mourir au Mali, son pays natal. Boxeur talentueux et assidu, Ikki va pourtant transgresser les règles de ce sport qu’il aime tant pour se retrouver de fil en aiguille à faire dans des combats clandestins. Objectif : pour gagner assez d'argent afin d’organiser le retour de Na, sa mère au pays. Alors tel un Gladiateur, avec une allure de lion, il va se battre de toute ses forces, malgré les avertissements d’Aminata, sa petite amie (interprétée par Assa Sylla).

Djigui Diarra, à la fois auteur et interprète, nous livre là le récit d’un héros solitaire, timide et introverti, incapable de s’ouvrir à ce qu’il a de plus cher : sa mère et sa petite amie Aminata. Mais pour autant « Na tout pour elle » n’est pas un film dénué de sensibilité. Au contraire, Djigui Diapra signe un film coup de poing. Le jeu de lumière est particulièrement réussi, notamment dans la scène de combat avec les couleurs à la fois chaudes et sombres. Elles décrivent parfaitement ces endroits dangereux où le crime est roi. Un véritable sentiment de huis-clos s’en émane, mettant en exergue une forme de tension qui monte tout au long du film.

Si la mise en scène est particulièrement soignée et réussie, force est de constater que la performance d’Assa Sylla l’est aussi ! La jeune actrice est rayonnante et pleine de rage dans son personnage. Pour Aminata, une des seules manières de montrer à Ikki qu'elle existe et qu'elle l'aime, c’est précisément de le mettre au défi sur son propre terrain de jeu : le ring !

Au personnage rayonnant : Na, qu’interprète Marie-Philomène Nga, que nous apparaît extrêmement touchante, notamment dans la scène où elle offre à son fils comme cadeau d'adieu, le collier de son père. Leur complicité est simple et leurs regards fins. Elle représente cette beauté de la femme forte (malgré la maladie qui la ronge).

Djigui Diarra a donc réussi à créer un film aussi violent que pudique, nous transportant de la poésie des art martiaux, au lien indestructible qui existe entre une mère et son fils.

par Baptiste Benoit.

 


 

Un court qui en dit long

  

Difficile d'être disert, me diriez-vous, sur un film qui nous laisse à peine le temps de nous installer  dans notre fauteuil qu'il est déjà terminé. Et pourtant, il ne fallait pas arriver en retard pour pouvoir se délecter de ce petit bijou d'une durée extra courte (à peine 3 minutes) intitulé « DISSIMULÉE ».

Suivant l'itinéraire quotidien d'une jeune femme de sa banlieue natale aux quartiers d'affaires, le très court métrage montre la transformation, le temps d'un trajet accéléré en RER, d'une fille à priori comme les autres. Cette dernière, profitant du voyage pour se maquiller, subit une véritable métamorphose physique. Ou comment passer, en l'espace de trois minutes, d'une jeune fille lambda au visage ébène, en une Harley Quinn des temps modernes.

Une musique discontinue, à la fois troublante et entêtante, accompagne ce changement et joue également un rôle prépondérant dans ce court métrage expérimental.

En effet, jusqu'à l'altération physique finale, la rythmique est lente et redondante sans être ennuyeuse pour autant. Puis, au fur et à mesure que la « mutation » s'opère et que le visage méconnaissable de la demoiselle nous apparaît, le tempo s'accélère, devient plus saccadé. Un rythme quasi tribal, enivrant et mystique nous fait entrer dans un autre univers à la fois tout aussi visuel. Exit le RER pour une plongée dans le quartier d'affaires, lieu impersonnel par excellence où l'uniformité physique est de rigueur.

En filigrane, le film juxtapose à la scène principale de maquillage des images de graffitis et de tags qui semblent tout droit sorties de l'imaginaire de la jeune fille et qui renforcent l'onirisme du court métrage. Mais sans nous brouiller pour autant. L'histoire demeure claire et limpide.

La réalisatrice Ingha Mago nous invite donc au voyage avec son film sans paroles qui s'apparente à une véritable ode à l'évasion et au questionnement.

Un portrait à la fois intimiste, poétique et surtout universel, qui fait écho à notre propre identité. Sommes-nous toujours la même personne selon l'endroit où l'on se trouve ? Comment trouver sa place entre deux mondes ? Qui sommes nous ? Autant de questions qui nous restent dans la tête après avoir vu cette petite pépite.

par Ismael Abed 


 

Ali ou le chemin vers la radicalisation

Ali, un court-métrage réalisé par Demba konate et François Jeevarajan, nous plonge dans l’embrigadement pour le Djihad. Ce court-métrage traite d'un sujet poignant, nous démontrant avec subtilité comment un homme peut progressivement se radicaliser. 

Ali nous raconte l’histoire d’un homme sans emploi, à la recherche d’un emploi. Les refus se multipliant, Ali se demande alors si sa couleur de peau ne constitue pas un frein dans le monde du travail. Face à ce sentiment de non intégration dans la société française, Ali va trouver du réconfort chez un certain Zakary, une mauvaise fréquentation qui va petit à petit l’inciter à se radicaliser.

Cet enrôlement se fait autour de la religion : pour être un vrai musulman il faut « aider nos frères » mais également ne pas fréquenter tous ceux qui nous « éloigne de dieu » clame Zakary.

Mais qu'est-ce qu'un vrai musulman ? Les réalisateurs expriment avec finesse les raisons qui peuvent encourager certaines personnes à emprunter cette voix.

En ce sens, chaque étape est suggérée avec souplesse ce qui permet au spectateur d’appréhender les différentes phases du processus d’embrigadement. Tout est implicite ce qui rend l’histoire d'autant plus bouleversante. Par ailleurs, le court-métrage se veut proche du réel. En effet nous avons l'impression que la camera est orientée de telle manière qu'il pourrait s'agir des yeux des spectateurs. Tout est question de hauteur. La caméra filme des images à la hauteur d'une personne pouvant se trouver là, comme si la caméra était un individu qui assiste à la scène. C'est d'ailleurs grâce à cette procédure que l'on rentre dans le court-métrage, on accompagne le protagoniste.

Le jeu des comédiens, notamment avec le regard perçant d'Ali, qui vit l'histoire et nous véhicule une sensation de trouble. Les temps de silences, les longueurs qui signifient le changement de comportement progressif d'Ali permettent aux spectateurs d’assister à son lavage de cerveau, en même temps que celui de sa femme. 

A la fin du court-métrage Ali arrive à quitter cet enrôlement grâce à un événement, la découverte de sa paternité future. Ainsi le réalisateur nous montre qu'il y a des possibilités de s'en sortir. Ce court-métrage se situe dans l'actualité et traite d’un sujet avec délicatesse ce qui nous oblige à établir une réflexion sur ce thème.

par Juliette Aït Tadrart Veniger 


 

WÙLU : un conte cinématographique !

La première fois que j’ai entendu le titre du film « Wùlu », je me suis dit « Pourquoi » faire un film qui a pour titre « chien » (wùlu) ?

Je suis née en France. Je suis originaire du Mali et appartiens à l’ethnie Soninké. Au Mali, il en existe plus de soixante-dix, toutes hiérarchisées, dotées de rites et de croyances diverses. Wùlù m'a plongée dans les souvenirs de mon pays d’origine. Je me revois, à l’instar des fables évoquées dans le film de Daouda Coulibaly (le réalisateur), entrain d'écouter mes oncles griots (conteurs) dans mon village. Tout comme les histoires de mon enfance, Wùlù commence avec des cartons sur lesquels sont inscrites ces différentes étapes de la vie. À chacune d’elle correspond un état animal : le crapaud, l'oiseau, la poule, la pintade et enfin le « wùlù », le dernier étant le plus bas niveau.

Ainsi, j’ai retrouvé le Mali que j'ai visité en 2005, les sotramas (minibus), l’atmosphère et la population bamakoise ! C’est d’ailleurs à Bamako que nous rencontrons pour la première fois Ladji, incarné par Ibrahim Koma, qui incarne un jeune apprenti chauffeur de sotrama.  Afin d'éviter à sa grande sœur Aminata de se prostituer, il décide de rentrer dans le trafic de drogue. Aminata, qui est superbement interprétée par Inna MODJA, est une véritable figure maternelle pour Ladji. Elle est pétillante, volcanique, intelligente, manipulatrice, elle profite de la vie et de l’argent que le trafic de drogue rapporte à son frère. De son côté, Ladji gravit alors rapidement les échelons et réussit son ascension, mais à quel prix... Il se retrouve embrigadé dans une spirale infernale, une descente aux enfers pour laquelle il n’y a plus de porte de sortie.

Le film nous place au plus près de Ladji, et nous fait partager avec lui sa quête d’une vie meilleure, d’un futur solide pour lui et sa sœur. Nous vivons sa transformation, le voyant passer de l’enfant à l'adulte, de bavard à silencieux, d’honnête à malhonnête. Et comme le dit Ibrahim Koma : « Ladji est une personne qui vit les choses de l’intérieur et qui a vraiment du mal à s’exprimer aussi bien auprès de sa sœur qu'auprès de ses amis. C’est quelqu’un d’introverti ».

Avec Wùlù, le jeune réalisateur Daouda Coulibaly, nous transporte ainsi dans les méandres de la jeunesse malienne qui rêve de réussite et d’ascension sociale alors que le Mali est en pleine crise politico-militaire. Un thriller savamment réalisé donc grâce à une mise en scène singulière. Les différentes images d'animaux sacrifiés reflètent les sacrifices que Ladji commet pendant son parcours. Nous comprenons alors que le personnage perd petit à petit le sens de la réalité. Wùlù nous questionne sur les sacrifices que chacun est prêt à réaliser pour arriver à ses fins et avoir une place dans la société.

par Dany BOMOU

Qui sommes-nous ?

Créé en 2006, un an après les révoltes sociales qui ont embrasé les périphéries des grandes villes, le festival Cinébanlieue est né du constat qu’il n’existait pas de grandes manifestations consacrées à la banlieue vue sous l’angle de sa richesse sociale, culturelle et économique. Celui-ci entend prouver que la représentation de la banlieue et de ses habitants ne se résume pas à ce que les médias veulent bien montrer.

Ce festival offre une toute autre vision de ce qu’est la banlieue. Il s’agit principalement de montrer cet espace comme étant un lieu d’inspiration et d’épanouissement artistiques, et non plus comme source de tensions et de destruction. Aux côtés d’une sélection de films en compétition, il propose un panorama de films sur un thème d’actualité ; chaque année un cinéaste français ou étranger est choisi pour être l’invité d’honneur.

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