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Compétition Cinébanlieue 2017



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Compétition Talents en court 2016

11e ÉDITION : Le blog du festival

11e édition - jour 5 : Jeudi 17 novembre

UGC CINE CITE PARIS 19

FORMATION PROFESSIONNELLE

Cinébanlieue / École Miroir 

 

RENCONTRE

A l'occasion de la compétition Talents en Court qui avait lieu jeudi dernier, les réalisateurs ainsi que leurs collaborateurs ont accepté de nous accorder un peu de leur temps pour répondre à nos questions. Entre anecdotes et découvertes, ils se racontent en toute intimité. 



Vica Zagreba, réalisatrice Pa Fuera et Louise, coach pour enfants.

Juliette, journaliste : en quoi consiste votre métier?

Vica Zagreba : Et bien c'est moi qui met en scène le scénario. C'est moi qui choisis l'équipe artistique et qui dois la diriger. Je suis en quelque sorte le chef de troupe. L'équipe est à ton image donc tu ne dois pas te tromper en la constituant. C'est à toi d'amener l'énergie pour qu'ils te suivent et qu'il y ait une bonne ambiance.

J : où est votre place dans le projet y compris avant et après le tournage?

VZ: Partout ! Moi j'ai été présente du début à la fin mais après il y a plein de façons de faire. Il faut être avec tout le monde, ton équipe doit te connaître. Pendant le tournage on est souvent les premiers levés et les dernier couchés.

J : quel est votre parcours ?

VZ: Je suis comédienne et metteur en scène et je suis dans une compagnie théâtrale, la compagnie « Guépard échappée ». C'est mon premier film. En tant que scénariste, j’ai participé à un concours d'adaptation de nouvelles et c'est là que j'ai voulu adapter cette nouvelle brésilienne.

J : les enfants sont dans toutes les séquences du film. Ces jeunes filles sont toutes mineures ce qui peut représenter quelques contraintes en matière de temps de tournage.  Comment vous êtes-vous adaptée?

VZ: en effet tourner avec des mineurs requiert une autorisation des parents et on doit déposer un dossier à la DASS pour faire également une demande d'autorisation. Moi j'ai choisi une équipe en fonction des enfants pour faciliter le tournage.

J : comment avez-vous travaillé avec les enfants?

VZ: j'ai adoré travailler avec les enfants. Nous avons beaucoup répété au square, on y faisait des jeux ensemble. Il fallait que des liens se créent entre elles. Et les voir au square m’a permis de mieux les connaître avant le tournage. Elles ont été extraordinaires pendant le tournage. Mon équipe à été géniale avec elles car ils étaient très patients et très bienveillants auprès d'elles.

J : avez-vous rencontré des difficultés pendant le tournage?

VZ: c'est mon premier film donc tout est génial mais en même temps tout est difficile. Pour moi le tournage c'est globalement bien passé. Mais on a le temps qui file, c'est un stress. J'ai rencontré des difficultés avec notre loup enfin c'est un chien mais qui ressemble à un loup. Le loup n'a pas été élevé spécialement pour mon film, nous avons fait appel à un dresseur. Il lui était très obéissant mais pendant les séquences de nuit il partait et allait faire sa vie. Il fallait le rappeler ou aller le chercher pour le ramener.

J : et à l'inverse vous remémorez vous des moments magiques ?

VZ: au début de mon court métrage, quand la mère rentre avec ses sacs de courses avec ses filles, j’avais prévenu les filles à un moment de lâcher le sac de courses et de courir toutes les trois mais je n'avais pas prévenu la mère pour qu'elle soit surprise. Du coup quand elle a joué, elle ne s'y attendait pas. J'ai vraiment aimé ce moment.

J : Louise, vous avez travaillé comme coach pour enfant sur le film de Vica. Pourquoi avoir accepté de faire partie de son équipe ?

Le scénario m'a plu, je le trouvais intéressant et le tournage tombait à un moment ou j'avais du temps. Je connaissais déjà Vica et je n'avais jamais vraiment travaillé avec elle. Elle m'avait parût très professionnelle. J'avais donc envie que l'on travaille ensemble. Au fil du temps, ce n'était plus une simple connaissance mais une amie.

J : en quoi consiste votre métier ?

L : et bien tout d’abord, je ne suis pas coach pour enfant attitrée. Je suis avant tout comédienne. Ce n'est que la troisième fois que je fais cela. Mais sur un tournage chacun à un poste particulier et lorsque des enfants jouent sur un plateau, il faut qu’ils aient quelqu'un pour lui, pour l'encadrer. J'ai un peu le rôle de la maman, de nounou. Les enfants n'ont pas leur parents sur le plateau. Ils ont besoin d'une personne sur qui ils puissent compter.

J : comment êtes vous devenue coach pour enfant ?

L : la première fois c'est arrivé parce que je travaillais sur le film de mon frère, qui travaille lui aussi dans ce milieu. Je devais m'occuper de deux adolescents, les deux personnages principaux, et ça m’a plu. En tant qu’actrice, ce qui me plaît le plus sur un tournage, c'est que tout le monde participe à une même chose, une même création artistique et toutes les personnes se retrouvent investies sur ce projet. Moi, mon rôle était de veiller sur les deux adolescents.

J : lors du tournage avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

L : ce ne sont pas des difficultés à proprement parlé. C’est normal de rencontrer des complications. Quand les enfants sont fatigués par exemple, la concentration se dissout. Je dois intervenir à ce moment car il faut qu'ils soient prêt pour le tournage. 

J : à l'inverse vous remémorez-vous des moments magiques ?

L : oui, les moments d'échange. Quand tu partages huit jours avec ces enfants, une famille se créée.  Je dormais dans la même maison avec les trois petites filles, on mangeait ensemble, faisait énormément de choses ensemble. Je me souviens que la sœur aînée n'arrêtait pas de chanter. Nous vivions des choses intenses à tous les niveaux. Là tout de suite je n'ai pas de moments précis à partager mais elles sont toutes les trois très drôles. C'est touchant de voir l'impact que l’aventure à sur les enfants, leur évolution au fil des jours. C'est vivifiant et ça nous fait vibrer.

Propos recueillis par Juliette Aït Tadrart Veniger


ENTRETIEN AVEC HOLY FATMA,
réalisatrice de « Please love me forever »

 

« Le réalisme je le vis tous les jours alors quand je vais au cinéma j'ai besoin de magie, j'ai besoin qu'on m’amène ailleurs. »

Il y a des gens qui vous déconcertent ou vous embarrassent par leur naturel. D'autres qui, au contraire, vous mettent tout de suite à l'aise. Les yeux qui pétillent et le sourire facile, Holy Fatma est clairement à classer dans cette deuxième catégorie. D'ailleurs, la rencontrer, c'est un peu comme se frotter à une tornade. Ça va à mille à l'heure, ça vous emporte puis finalement ça s'apaise et on reste là, interdit. 

Présente au festival Cinébanlieue pour nous parler de son premier court métrage « Please love me forever », un conte fantastique où une jeune fille amoureuse n'hésite pas à ouvrir la poitrine de son bien aimé pour y déposer un nouveau cœur, la réalisatrice a trouvé quelques minutes pour répondre à nos questions. Entretien avec une stakhanoviste qui entend bien donner ses lettres de noblesse au cinéma fantastique français.

Ton film est clairement un OVNI dans cette sélection mais également dans le paysage cinématographique français. D'où t'est venue l'idée de réaliser un conte fantasmagorique ? 

Quand j'étais plus jeune, je ressentais des choses de manière très forte. Et ces sentiments étaient à chaque fois accompagnés d'une image limpide dans mon esprit. Par exemple, lorsqu'un garçon qui me plaisait me « mettait un râteau », j'avais envie de lui arracher le cœur, littéralement (Rires). En fait, ça partait toujours d’idées visuelles très précises dans ma tête. Et aussi parce que, même si je suis cinéphile et donc ouverte à tous les genres, mon genre de prédilection reste le fantastique. En effet, je suis persuadée qu'on peut dire des choses vraies et profondes d'une manière subtile et magique. On n’est pas forcé de constamment rester dans le réalisme. Ça je le vis tous les jours alors quand je vais au cinéma j'ai besoin qu'on m’emmène ailleurs.

J'ai donc écrit une première version du scénario en 2013 et en 2014 j'ai rencontré Romain Compingt (co-scénariste de « Divines » primé à Cannes en 2016 ndlr) qui a accepté de m'accompagner dans l'écriture. Ensuite, je l'ai pitché à Talents en Court au Comedy Club où beaucoup ont été dubitatifs. Une serre où l'on cultive des oreilles, des nez et des bouches ; dit comme cela, ça peut en désarçonner certains !! Mais j'ai gardé confiance en moi car j'étais convaincue du potentiel de mon projet. Et puis j'avais quand même des soutiens. Et non des moindres ! Julia (Cordonnier) et Aurélie (Cardin), ma productrice Mathilde Le Ricque, et le CNC ont dès le départ été à mes côtés.

Un projet prometteur mais super risqué non ?

Oui c'était risqué, oui c'était casse gueule car en France on fait peu de films fantastiques. Et la plupart ne sont pas réussis. Mais dans la vie, rien n'est sûr de toute manière et c'est l'incertitude justement qui permet de vibrer. Si j'avais voulu faire des choses sûres, je serais restée chez moi à filmer mes murs avec mon téléphone...

Et tes références ? Tim Burton j'imagine... 

Oui, évidemment mais pas uniquement. Des réalisateurs comme Jodorowsky, Tod Browning, Guillermo del Toro ou encore Park Chan-Wook et Almodovar. Des mecs qui racontent une réalité bien à eux avec de la magie, une touche de surréalisme.

J'adore également Jacques Tati, qui est peut être pour moi le meilleur réalisateur qui ait existé. Michel Gondry et Jean-Pierre Jeunet également. « Amélie Poulain » ou « La cité des enfants perdus », c'était du lourd quand même.

Tu as un parcours atypique il me semble. Peux-tu nous en parler ?

J'ai toujours eu l’idée d'être formée à l'étranger, plus précisément aux Etats-Unis. Je trouve qu'en Europe, on est très fort pour le côté historique et théorique du cinéma mais pas très bon quand il s'agit de la pratique. Je suis donc partie de Paris à 20 ans. J'ai fait deux ans à Montpellier où j'ai étudié le cinéma, ensuite Erasmus à Rome pendant un an et demi où j'ai fait un stage à CINECITTA (studios de cinéma italiens ndlr). Après cela, je suis partie six ans aux Etats-Unis, à Los Angeles, où j'ai travaillé dans la décoration. Et puis à 30 ans, j'ai eu cette envie, ce besoin même de revenir en France. J'avais bien songé à faire du cinéma à L-A mais c'est franchement compliqué d'exister là-bas, surtout quand tu débutes. J'ai donc débarqué à Grigny où, via ma productrice, j'ai commencé à travailler avec l'association « 1000 Visages » 

Pour en revenir à ton film, l'esthétique y tient une place prépondérante. L'image est très soignée et le résultat s'en ressent. On avait même l'impression parfois de regarder un film américain. Le budget était-il conséquent ?

Oui et non. On a eu 130 000 euros de budget ce qui peut paraître beaucoup à première vue. Néanmoins, un film avec cette ambition là en vaut au moins le double. J'avais une équipe de 40 personnes à gérer sur le tournage alors que généralement un tournage de court métrage dépasse rarement les 20 personnes. Dés le départ, on a traité le film comme un long métrage. Dans notre esprit, on ne faisait pas un court métrage mais un film de cinéma, tout simplement. D'ailleurs, pour pouvoir arriver à un tel résultat, j'ai eu la chance d'avoir autour de moi durant le tournage des gens réellement impliqués, qui me suivaient et croyaient en mon projet. De l'ingénieur son au chef opérateur en passant par le monteur Yorgos Lanthimos, ils ont tous joué le jeu. Ils m'ont donné du temps, de la passion et de l'envie. Ils n'étaient pas uniquement là pour toucher leur cachet et ça, ça aide vraiment quand tu réalises ton premier film.

« Le film fantastique c'est de l'endurance »

Et la musique envoûtante, elle sort d'où ? 

J'ai toujours dit que je voulais faire des films compréhensibles même sans son et sans parole, et je crois que « Please love me forever » rentre bien dans cette idée là. Après, quand on fait un film fantastique la musique reste essentielle. J'ai donc dû chercher un compositeur qui sache créer de la magie d'un point de vue sonore car la moitié de mon film était basé sur la musique.

Je suis tombée, par hasard, sur un pilote de dessin animé dont la musique m'avait bouleversée. Dans le générique de fin, j'ai vu le nom de Jérôme Rebotier et je suis donc allée directement sur son site internet pour lui envoyer un mail avec mon scénario. Après deux semaines sans réponses, je l'ai relancé pour lui dire combien mon projet était génial et qu'il ferait une erreur si il n'y participait pas (Rires) ! Il a fini par me répondre, on s'est vu et, emballé par mon scénario puis par les premières scènes filmées, il a accepté de composer pour moi.

L'actrice principale est assez bluffante et a surtout un visage qui colle parfaitement à l'ambiance horrifique du film.

Oui c'est vrai. Avant même d'avoir l'aide du CNC, j'avais fait un pré-casting toute seule et dans les candidatures que j'avais reçues, il y avait celle d'Isabelle Carlean-Jones. J'avais été bluffée par sa performance sauf que dans la version 2 de mon scénario, le personnage principal, Lili, était devenu albinos. Malheureusement, le casting d'une vraie albinos, de 15 ans, qui sache jouer sans être affectée par son strabisme etc s'est avéré hyper compliqué. J'ai donc décidé d'ouvrir et d'élargir le casting à des filles au visage étrange et Isabelle s'est imposée de nouveau comme une évidence.

Dernière question. Je suppose que tu as des projets pour le futur. Peux-tu nous en dire plus ?

J'ai un autre court métrage que j'aimerais réaliser l'été prochain et qui est inspiré de Loana, la gagnante de Loft Story 1. Ça serait un film sur la télé-réalité tout en gardant le côté fantasmagorique qui est ma signature. Et aussi un long-métrage dont le synopsis a été déposé au CNC et que j'espère tourner dans deux ans. Mais comme tu as pu le voir dans mon film, il y a énormément de tests et d'étapes en amont pour pouvoir créer un univers vraisemblable quand on veut faire du fantastique. Que ce soit pour les vêtements, les décors... Sans vouloir dénigrer les réalisateurs français qui s'essaient au fantastique avec peu de succès, c'est peut être ça qui les décourage car ça peut vite devenir déprimant. Le film fantastique, c'est de l'endurance ! 

Par Ismaël ABED


 

À 33 ans, Julien Béramis tient l’affiche du second court métrage d’Hugo Roussin, Viré. Un film tout en finesse tourné en Guadeloupe. Avec Viré, Julien nous embarque dans une aventure cinématographique faites de rites, de sensations, et de poésie. 

Yann Kidou, journaliste : quel est votre parcours ?

Julien Béramis : j’ai commencé par des cours de théâtre, ensuite j’ai fait une rencontre avec ELSA Wolliaston qui a été personne clé durant mon parcours. C’était une prof de danse. Elle m’a permis de m’enraciner dans le travail du corps, ce qui a eu des répercussions dans ma vie.

YK : comment s’est passée votre rencontre avec Hugo Rousselin ?

JB : ça fait trois ans qu’on se connait. Hugo préparait un court métrage. Il était à la recherche d’acteurs. Sylvie Glissant lui a parlé de moi. Elle m’avait vu dans Omar m’a tué, et dans un autre projet. Elle lui a demandé de me contacter. Ensuite on s’est rencontrés : c’était au-delà des mots. Je me suis dit : « lui c’est une belle âme, une belle énergie », et on a travaillé ensemble sur « Viré ».

YK : Durant le tournage, y’a-t-il eu des moments où le temps s’est arrêté ?

JB : je rends grâce de ces moments de tournage parce que ce film m’a permis de rendre hommage à des gens qui ne sont plus là aujourd’hui. Quand j’allais en tournage en Guadeloupe, c’était comme si je répondais à un appel. C’était un tournage où il y’avait de l’argent mais aux Antilles, c’est très dur et très cher. On aurait pu arrêter de tourner chaque jour mais en moi j’étais serein. Et quand je voyais que chaque jour on continuait à tourner, ça m’émerveillait. La rencontre avec les gens était pour moi magique. En tant que fils du pays, les gens (équipe technique) m’ont ouvert la porte. J’étais le pont entre la France et la Guadeloupe. J’ai jamais eu une telle responsabilité. Ce court métrage était une initiation du personnage principal et elle a été une initiation pour moi en tant que Julien Béramis.

YK : à l’inverse, y a-t-il eu des moments de doutes ?

JB : des moments de tension. Par exemple le plan-séquence où je marche dans l’eau pendant une minute. Je me suis vraiment dépassé. Je ne serais pas capable de le refaire. J’avais fait appel aux anciens et je crois qu’ils m’ont protégé. J’étais soutenu par les gens de l’équipe qui m’ont bien entouré.

YK : as-tu toujours voulu être comédien ?

JB : j’ai toujours voulu être acteur depuis mes trois ans. Je disais à mes parents que je serai acteur mais j’avoue qu’en 2006, un ami m’a fait écouter un rappeur américain : Amir Souleymane. J’ai écouté un de ses textes et ça m’a rempli d’énergie. En écoutant j’ai eu un autre appel qui m’a fait dire « c’est  ça que je veux » (rires)

YK : quels sont tes projets pour la suite ?

JB : j’ai plein de projets ! Je fais la première partie de Kery James le 23 novembre. J’ai un projet de long que je co-écris, j’ai un projet musical, un projet documentaire sur lequel je ne peux pas en dire plus. J’ai un projet de long métrage avec Hugo aussi et un autre projet de long que je pense réaliser dans six ans. Ça me tient vraiment à cœur. C’est un film post-apocalyptique. L’histoire d’une fille et de son père en Guadeloupe après l’irruption du volcan. Il y aura plein de péripéties. Je fais des master class autour du corps et de la voix et là je pars en tournage le 28 novembre jusqu’au 16 décembre pour le téléfilm « Un rêve français » avec Yann Gaël est Aïssa Maïga.

Propos recueillis par Yann KIDOU


 Derrière Minh Tâm 

Minh Tâm, le premier court métrage de Vincent Maury a fait sensation hier lors de la cérémonie de clôture du festival. Largement applaudie pour son interprétation, Leanna Chea qui tient le rôle principal de ce film fort, fin et juste, s’est distinguée en remportant le prix d’interprétation féminine. Des larmes de reconnaissance aux yeux, Leanna rendait un hommage vibrant à « son réalisateur » Vincent Maury et à son équipe, que nous avons rencontrés pendant le festival. 

Kahina Prospère, journaliste : quelles études avez-vous fait ?

Vincent Maury : j’ai tout d’abord fait des études en éco-gestion, puis je suis passé par une formation d’acteur chez Actor Studio avec Steve Achiepo, avec qui j’ai réalisé ce projet. Puis je suis retourné vers les scénario et enfin la réalisation.

KP : quelles ont été les plus grosses difficultés sur ce film ?

VM : la plus grosse difficulté pour ma part a été la grosse préparation avec Yanis et ensuite le fait de se retrouver sans lui. Nous avons dû trouver un vrai acteur. Ça a été assez difficile.

KP : Il y a-t-il eu un moment de magie sur le plateau ?

VM : oui. La scène de la salle de bains où Minh Tâm lave Yanis. J’ai laissé tourner la caméra pendant peut-être une minute, et ça m’a rappelé pleins de souvenirs personnels. J’ai vraiment trouvé ça très beau, cette proximité, les jeux…

KP : Pourquoi avez-vous choisi de raconter cette histoire ? 

VM : je voulais raconter ma vie personnelle en forme de fiction. La souffrance de la mère de Yanis, je voulais la partager. Cet isolement à cause de la maladie de son fils, qui provoque une certaine chute. Elle perd son travail, elle perd son mari, c’est très dur. Je voulais donner de l’espoir d’épanouissement.

KP : Comment s’est passé la direction d’acteur avec Tawan François Asselain puisqu’il n’est pas autiste ?

VM : J’ai dû lui faire comprendre et apprendre. Il a aussi regardé quelques vidéos, mais pas trop, je ne voulais pas non plus qu’il imite quelque chose. J’ai essayé de lui expliquer comment les autistes voient le monde, et surtout je lui ai dit de s’éclater, de ne pas prêter attention à la caméra. Il y a eu beaucoup de travail sur son regard pour créer cette espèce de bulle dans laquelle ces enfants vivent. 

KP : Vous avez choisi de Célie Valdenaire comme première assistante à la mise en scène. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

VM : De manière fusionnelle si je puis dire (rires). Célie et moi on s’entend très bien, et on se laisse une confiance totale. De toute façon je ne m’entoure que des meilleurs (rires). 

Célie vous exercez un métier de l’ombre. Pourtant vous êtes indispensable sur un plateau de cinéma. En quoi consiste votre métier ?

Célie Valdenaire : Mon travail c’est d’organiser un tournage. Je le programme, je dois rassembler les comédiens pour les scènes à tourner. Je suis là pour servir la volonté du réalisateur et cela dans le temps imparti par la production.

KP : quelle place avez-vous avant, pendant et après un tournage ?

CV : j’ai une place très importante avant le tournage. Je passe plus de temps à travailler l’amont du tournage que sur le tournage même (rires). Par exemple sur un long métrage que je viens de finir, j’ai passé trois à quatre mois à travailler avant pour seulement deux mois de tournage. Par contre je disparais après que la dernière scène soit tournée. Je ne suis pas du tout sur la post-production.

KP : quelles études avez-vous fait avant d’en arriver là ?

CV : j’ai fait des études de cinéma, une prépa sur Nantes pour être exacte, puis je suis montée sur Paris où j’ai fait une licence et un master toujours en cinéma à Paris 3. Mais ce ne sont pas les études qui m’ont appris à être première assistante à la mise en scène. C’est avec l’expérience sur les plateaux qu’on apprend ça. Ça ne s’étudie malheureusement pas dans les livres.

KP : pourquoi avoir choisi de travaillé sur Minh Tam alors que vous aviez déjà travaillé sur des longs-métrages ?

CV : pour moi, ce n’est pas le format qui est important. C’est le projet qui compte et le fait de pouvoir soutenir des réalisateurs qui ont du potentiel qui est le plus important.

KP : quelles ont été les plus grosses difficultés sur ce film ?

CV : tout d’abord le décor. Devoir tourner dans un espace réduit, un petit appartement avec une équipe de vingt-cinq personnes, c’est assez difficile. Tout le monde se marche dessus (rires). Ensuite il y a le fait d’avoir un enfant et des comédiens non professionnels. Cela prend plus de temps pour les explications. 

KP : y a-t-il eu un moment inoubliable ?

CV : oui ! Le dernier plan qu’on a tourné était très difficile à réaliser en steadycam* (NDLR : caméra fixée sur un technicien pour que l’image reste droite et cadrée). Dans un appartement,  plusieurs heures, beaucoup de prises, la synchro des comédiens, une fois que le plan est réussi c’est magique ! 

KP : comment travaillez-vous avec les réalisateurs ? 

CV : la relation est différente avec chaque réalisateur. Vincent et moi on se connaissait déjà un peu, alors il m’a fait tout de suite confiance. J’étais vraiment libre pendant le tournage, tous nos choix semblaient être une évidence.

KP : qu’est-ce qui est le plus désagréable dans votre métier ?

CV : le plus dur ? C’est d’être la police du plateau. On est souvent là pour être détesté. En parallèle, le fait de mener à bien le projet et d’avoir l’impression de faire un grand film, de créer quelque chose, c’est génial ça efface les mauvais côtés.

Propos recueillis par Kahina Prosper


« Au bruit des clochettes » : retour sur le parcours improbable
d’une réalisatrice pleine de talent.

 

Epoustouflant, beau et tragique. C’est ainsi que nous avons choisi de qualifier la prestation Shafiq Kohi !  Prix d’interprétation masculine hier lors de la cérémonie de clôture, le jeune comédien a marqué les esprits avec sa prestation dans le court métrage « Au bruit des clochettes » de Chabname Zariab. Un premier coup d’essai et un coup de maître pour la jeune réalisatrice qui revient sur la genèse de son film. Confidences.

Daniel Cocer Roa, journaliste : tu es connue pour tes succès littéraires. Comment es-tu passée d'écrivain à réalisatrice ?

Chabname Zariab : Mon métier à la base c'est d'être expert en assurance dans le domaine du cambriolage. Je n'ai pas fait d'études de réalisation. J’ai eu une envie de réaliser à force de regarder des films, et surtout suite à la découverte du sujet que je traite dans mon film. Pour moi être réalisatrice c'est raconter des histoires en images.

DCR : la pédophilie est un sujet dur à filmer. Pourquoi avoir fait le choix de ce thème ?

CZ: Dans ma jeunesse en Afghanistan, j'avais entendu ce terme de « Bacha Bazi »  sans vraiment savoir ce que c'était. Ce n'est que bien plus tard que j'ai vu un documentaire qui en parlait. Voir cela m'a mis dans un état de colère, d'impuissance, et j'ai voulu dénoncer cette réalité avec mon court métrage.

DCR : quelles étaient tes inspirations pour le film ?

CZ: les films indiens, surtout pour les scènes de danse. Après, le documentaire que j'ai vu sur la pratique et mes recherches.

DCR : quels étaient tes rapports avec les comédiens sur le plateau ?

CZ: Très bons ! Ce sont devenus de très bons amis. Ils m'ont beaucoup apporté en amenant leurs expériences sur le plateau et en assimilant vite ce que je pouvais leur demander de jouer. Je peux dire que les comédiens sont une part importante de ce qui fait que mon film est ce qu’il est. J'ai cependant eu des difficultés avec l'acteur qui joue Farroukhzad, le maître des lieux, qui avait du mal quant au contact corporel. C'était le seul acteur non professionnel il était taxi de profession.

DCR : y’a-t-il un endroit que tu as particulièrement investi en dehors de la réalisation ?

Je me place comme une touche à tout, au-delà de la réalisation, j'ai dessiné les robes, j'ai acheté les costumes et j'ai vraiment essayé de voir chaque métier qui entourait la réalisation. J'ai tout donné pour ce film.

DCR : as-tu rencontré des difficultés ?

CZ : très peu en vrai. On devait tourner en Afghanistan mais au final nous avons été contraints de tourner en Tunisie. Le producteur exécutif tunisien a réussi à répondre à toutes nos demandes et à nous trouver des endroits géniaux. Si. Peut-être que la durée de tournage était un peu courte. On aurait été plus tranquilles avec une journée de tournage en plus.

DCR : si tu devais te définir en tant que réalisatrice…

CZ : Je dirais souple. Je privilégie le travail d'équipe et j'écoute les conseils.

DCR : un moment marquant du tournage ?

CZ : la fin du tournage. Une fois la dernière scène tournée j'ai eu une montée d'émotion qui m'a fait pleurer.

DCR : les points positifs et négatifs de la réalisation ?

CZ : je ne vois pas de mauvais coté. J'étais en plein apprentissage et j'ai compris que c'était ça ma vraie passion. J'ai même quitter mon boulot d’expert une fois mon film fini.

Ils arrivent sur le film une fois le tournage achevé. Ils sont un soutien pour les réalisateurs, qu’ils soient jeunes ou confirmés. Ils travaillent dans l’intimité d’une salle de montage et réécrivent souvent le film grâce à leur vision. Guillaume Saignol, le monteur de « Au bruit des clochettes » nous éclaire sur sa profession et revient sur son expérience avec Chabname Zariab.

DCR : pour vous qu’est-ce qu'un monteur ?

Guillaume Saignol : c’est quelqu’un qui communique avec le réalisateur pour comprendre son point de vue et lui proposer des montages qui doivent être cohérents avec son histoire. Monteur est un métier qui doit faire la conciliation entre ce qui est attendu et ce qui est possible pour afficher au maximum le point de vue du réalisateur dans son film. C’est aussi de l'humilité au service du film.

DCR : quel est votre parcours ?

GS : je n'ai pas fait d'école de cinéma. À la base, je faisais des petits métiers par ci par là et je savais que cette voie là m'intéressait. J'ai voulu ensuite préparer les concours d'entrée de la Fémis et un monteur m'a proposé d'être son assistant pour que je vois si cette voie m'allait. Il m'a formé et j'ai su que c’est ce que je voulais vraiment faire et j'ai commencé à pratiquer en tant que monteur.

DCR : quels sont pour vous les points négatifs de votre métier ?

GS : certains diraient le fait de ne pas savoir quand on travaille, quand on est ou pas en vacances. Mais c'est plus cette situation d'incertitude où on se lance dans un projet de film qui est l’enjeu. L'incertitude de savoir si on va tomber avec une équipe qui va être soudée ou non, l'acceptation de se mettre à nu dans ce que l’on peut proposer. 

DCR : quels rapports avez-vous avec les réalisateurs d’une manière générale ?

GS : on a un regard de monteur et notre rôle c’est de chercher à comprendre et à satisfaire le point de vue du réalisateur. On peut le conseiller, lui proposer des choses, mais surtout on bosse sur le film à deux.

DCR : comment êtes-vous entré dans le projet "Au bruit des clochettes » ?

GS : elle cherchait un monteur et j'ai été recommandé. J'ai senti chez elle cette envie de faire ce film. Il y avait aussi un thème assez dur à traiter. Et quand je l'ai vue, on a commencé à collaborer assez naturellement.

DCR : comment définissez-vous Chabname en tant que réalisatrice ?

GS : c'est quelqu'un d'inspirant. Inspirant dans son envie d'aboutir dans son projet, dans sa motivation. Elle sait ce qu'elle veut et elle reste ouverte à toute proposition, à tous conseils.

DCR : quel est pour vous le moment le plus magique quand vous êtes en montage ?

GS : quand on avance dans le montage final du film et qu’on sent qu'on fait exister le film et qu'il tient debout.

Propos recueillis par Daniel COCER ROA  

Qui sommes-nous ?

Créé en 2006, un an après les révoltes sociales qui ont embrasé les périphéries des grandes villes, le festival Cinébanlieue est né du constat qu’il n’existait pas de grandes manifestations consacrées à la banlieue vue sous l’angle de sa richesse sociale, culturelle et économique. Celui-ci entend prouver que la représentation de la banlieue et de ses habitants ne se résume pas à ce que les médias veulent bien montrer.

Ce festival offre une toute autre vision de ce qu’est la banlieue. Il s’agit principalement de montrer cet espace comme étant un lieu d’inspiration et d’épanouissement artistiques, et non plus comme source de tensions et de destruction. Aux côtés d’une sélection de films en compétition, il propose un panorama de films sur un thème d’actualité ; chaque année un cinéaste français ou étranger est choisi pour être l’invité d’honneur.

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